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samedi 5 octobre 2013

Parcours militaire de mon père " la Captivité "

Retour en arrière,
 
Récit du Capitaine HUET Jacques
 
4 juin 1940
 
Au petit jour, nous atteignons Malo les bains, puis le port de Dunkerque où l’entassement est à son comble. Nous sommes mélangés à toutes sortes d’unités ; marins, aviateurs, régionaux, etc… dont les hommes ont en sautoir, une chambre à air en guise de bouée pour le cas d’un naufrage en mer.
Des obus tombent au hasard sur cette marée humaine qui déferle vers les bassins du port. Les projectiles tombent au milieu des rangs, déchiquetant, faisant des trous profonds dans cette masse compacte qui hurle et se pousse au point que les premiers tombent à l’eau.
Aux premières lueurs du jour, nous nous rendons compte que le môle est ne contient plus que des bateaux coulés. Nous avons compris. Mais pourquoi nous avoir amenés là ?
 
Alors, tous, désespérés, dégoutés, nous fuyons cet enfer de feu et de sang, pour nous disperser sur la plage de Malo les Bains, qui est tout proche, et épargnée des coups. Le soleil commence à dorer le sable, et nous voit détruisant notre armement, nos archives, nos documents. Tout est jeté dans le canal proche, qui charrie des corps et du goudron.
 
Des avions nous survolent… affolement. Mais ce sont les allemands qui, débouchant à la fois de toutes les  rues de Malo, viennent s’emparer de nous.
 
Ils sont stupéfaits de ne pas avoir notre armement, notre bel armement tout neuf, dont nous étions si fiers, pour l’avoir conservé jusqu’au bout. Cela les rend furieux.
Nous sommes alors parqués au Champ de Mars, entre Malo et Dunkerque, après avoir été dénombrés en gros et délestés de nos équipements.
Oui, la tragédie sanglante est terminée pour nous. Mais une autre commence, qui durera cinq ans................................
 
 
Récit du Zouaves SIMON louis
 
 

Arrivé à Zuydcoote, il y avait le feu partout. C'était le débandade, nous avions peur. Il y avait des officiers qui voulaient continuer à se battre, d'autres non. Nous étions sur la plage. Tout sautait partout.

Les anglais tentaient d'embarquer pour l'Angleterre et certains essayaient d'en faire autant souvent sans succès.

Les allemands nous ont fait prisonniers et fait marcher jusqu’au Rhin. Je me souviens  avoir souffert pour rallier Hazebrouck à Lille (43 km). Puis ils nous ont mis sur des péniches à charbon qui ont remonté le fleuve jusqu’en Allemagne.

Nous avons été mis dans un camp.

Certains gardes étaient sympathiques. Je me souviens d’un jeune allemand qui mangeait un sandwich et qui m’en a proposé un morceau .lorsque j’ai eu fini, il a même proposé de m’en apporter un autre et il m’a même donné à boire............................

 

 


Récit du Zouave LEBRUN Arsène
 
Mais lorsque Paris fut pris, les revoilà avec leurs chars et nous voila tous prisonniers le 4 juin 1940, c’était fini pour nous. Direction grosse Deutchland par la hollande en train puis en bateaux, nous sommes arrivés chez eux le 18 juillet à Dortmund, stalag VI D. alors la, il fallait placer tout ce petit monde. Finalement, nous étions environ 30 dans un petit kommando et avec un copain, nous voila versé chez un entrepreneur de battage, nous faisions 4 repas par jour, dans le mois j’avais repris les 10 kilo que j’avais perdu et mon copain ses 11 kilo, mais cela n’a duré que quelques mois.
 
Après nous avons été virés à la mine de charbon mais en surface et un beau jour, voila le boucher du pays qui vient dans le kommando et qui demande si il n’y avait pas un boucher parmi nous. Je me présente et il m’embarque 1 jour sur 2 et 1 jour sur 2 à la mine.
 
La, ce n’était plus des rutabagas comme nourriture mais des bons biftecks, je mangeais à table avec eux comme chez moi. Je me servais mais quand j’avais fini mon morceau, il piquait dans la gamelle et m’en redonné un 2ème morceau. Du beau monde, mieux que certains français. Quand j’étais chez l’entrepreneur de battage, même chose. La patronne, tous les samedis, il fallait que nous donnions notre chemise et elle nous donnait une des chemises propres d’un de ses fils qui était à la guerre.
 
Les soldats allemands ; de la saloperie, mais les civils je les admirais tellement ils étaient gentils.
 
Puis au bout de 16 mois  derrière les fils de barbelés le 3/10/1941, me voila parti pour la France. Personne n’a voulu venir avec moi donc je suis partis seul, le midi, pas de Lebrun pour le déjeuner.
Les copains ont dit que j’étais chez le boucher mais c’était faux........................
 

 
 
 
Récit du Zouave SCHREIBER Lucien   (Musique, classe 1937) 

 

Un zouave en vadrouille, Ou comment j’ai porté cinq uniformes différents pendant la même guerre 


Octobre 1937. Comme tout citoyen français, je donne suite à l’ordre d’incorporation qui me parvient fin septembre et m’affecte au 8ème Régiment de zouaves, camp de Mourmelon (Marne).

 

Prisonniers, coiffés de la chéchia, nous étions un certain nombre de Zouaves couchés dans les dunes de Malo les bains. Nous voyons arriver des camions et des soldats allemands distribuant du pain noir. Derrière eux, sur un autre camion, des opérateurs filment les scènes qui se déroulent et ne sont pas tout à fait en notre honneur. Je les entendais se moquer de nous, de notre indiscipline. Leurs réflexions écœurantes me révoltaient. Mais que pouvais-je faire ?
Lors du départ de dunkerque pour une destination pour l’instant inconnue, on demande des interprètes. Les copains me poussent à me présenter et j’y vais avec la secrète pensée de nous être utile, savait-on jamais ? Malheureusement c’est le contraire qui se produit. Les allemands répartissent les interprètes tout au long de la colonne, ce qui fait que je n’ai plus revu mes copains d’alors. A pied à travers la Belgique et la hollande (dont je mentionne la tenue exemplaire des habitants envers nous) nous arrivons à la mer à l’embouchure du Rhin où nous embarquons sur des péniches.
C’est la que pour la première fois, j’eus un différent avec un allemand, le chef du convoi de notre péniche était un sous-officier hautain et arrogant. Ma chéchia, par exemple, ne lui plaisait pas du tout. C’était pour lui une coiffure de sauvages. Vous pensez que je lui expliquais ce que c’était les zouaves.
En vain, pour lui nous étions en train de nous dégénérer. Il avait combattu en 1914-1918, et d’après lui les alsaciens étaient des allemands et devaient être de leur coté. Je ne pus m’empêcher de lui demande comment je devais assimiler la situation depuis mon plus jeune âge, à la maison comme à l’école, j’avais appris que ma patrie était la France. En foi de quoi j’avais juré sur le drapeau de mon régiment de la défendre. Et lui, du jour au lendemain, venait me dire que j’étais allemand ; Alors que faire ? Il se dégagea par une belle engueulade comme seul un sous officier boche savait le faire. Mais après ses diverses injures et quolibets je ne pus m’empêcher de redresser la tête et de lui dire que ma partie étant la France, je n’avais fait que mon devoir et cela en tout honneur. J’ajoutais que je ne lui souhaitais pas de se trouver dans une situation analogue à la notre à Dunkerque. Il s’est certainement souvenu de moi s’il a vécu la retraite de Russie en 1944.
L’arrivée en Allemagne se fit du côté de Lingen (Westphalie). On fait marcher les interprètes en queue de convoi. A un moment donné, il y a des H.J (jeunesse hitlérienne) sur les deux bords de la route. Ils tirent la langue et crachent par terre. Lorsque nous arrivons à leur hauteur, le gardien qui marchent avec nous en fin de convoi, leur crie « mais les enfants, ce sont des alsaciens, des compatriotes ! Ne voilà-t-il pas qu’ils se mettent tous au garde à vous et font le salut hitlérien. Déjà écœuré, cela m’a renforcé dans mes sentiments patriotiques de sorte que j’ai enlevé subrepticement le brassard blanc qu’on m’avait donné à Dunkerque pour ne garder que celui de brancardier de la croix rouge. Cela m’a valu d’être versé dans un commando en partance, ainsi je suis arrivé un beau jour dans un stalag à Juterborg près de Berlin.
Par les gardiens, tous des vieux de 1914-1918, j’appris que l’alsace avait été annexée et que les Alsaciens-Lorrains seraient libérés sous peu. Par la suite j’en ai effectivement vu qui rentraient  et j’avoue franchement que j’ai eu un pincement au cœur en les voyant partir. Mais je ne voulais pas retourner chez moi, ne me sentant aucunement attiré par l’intense propagande faite par les nazis en notre faveur. Tout cela sans compter avec l’attitude dont avait été capable mon père. A Colmar il y avait un centre de démobilisation pour prisonniers alsaciens.
Un jour il aperçoit une chéchia dans le tas. Evidemment  il réussit à lui parler pour apprendre que c’était un copain de la musique du 8ème Zouaves.
Séparé de moi à dunkerque il me savait en vie et prisonnier. .........................."

 
 
Récit du Zouave HESTEAU Henri
 "Traversée à pied de la Belgique, puis la hollande ou nous avons embarqué dans des péniches qui servaient au transport du charbon. Marche à pied jusqu’à Bathorn au stalag VI C (ou le 1er bataillon du 8ème Zouaves était retenu, en Westphalie).Je ne suis resté que quelques jours au camp, la nourriture y était très rationnée ou parfois avec un peu de chance on y trouvait un oignon ou une patate. Volontaire pour aller travailler en culture, je me retrouve à Vreden ou j’ai été affecté chez un fermier. Je dois vous faire remarquer que les zouaves restaient toujours groupés et nous nous sommes retrouvés le soir au Kommando 198 à  trente dans une chambre entourée de barbelés. Avec mon camarade d’infortune, louis Guillot, un parisien, nous avions décidé de nous évader le 4 juin 1942.2 ans, jour pour jour après Dunkerque. En cela nous avons été par l’arrivée à mon Kommando, des sous officiers Lucien Coizy de trépail près de Reims, désiré Goditiabois et son beau frère Victor Deltour de Tourcoing, venus volontaires pour s’évader avec des documents obtenus au camp de Bathorn.
En catimini, bien pour ne pas dévoiler  nos intentions, muni de quelques renseignements, mon copain Guillot et moi décidons de nous évader en même temps qu’eux. Avec les vélos de nos fermiers pour aller au boulot, nous nous dirigeons vers la hollande située pas très loin de Vreden.
Malheureusement pour eux, nos trois sous officiers se font arrêter par la gestapo, alors nous prenons le train à Nimègue et descendons à la dernière station avec la Belgique. 30 kilomètres à travers bois et prairies et nous voila en Belgique  que nous traversons en train jusqu'à la frontière française ou à pied nous rejoignons Valenciennes, prenons le train jusqu’à Paris bourré de soldats Allemands................"
 
Le Zouave DECOURTIL Charles en captivité,

Matricule PG : 9558
Capturé le 4 juin 1940 à Dunkerque, en captivité au Stalag VI C à Bathorn. il est ensuite transféré au stalag VI B puis au Stalag VI K en septembre 1942.



Il travaille dans une ferme Kommando ou il est très bien traité.
 

 
 
 
 

 
 
 
 

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